Bouger pour soi, pour vrai.
Bouger. Pour qui ? Pourquoi ? Pour répondre à quel besoin ?
On se dit souvent que l’on bouge pour se sentir bien, dans notre tête, en précisant que ce n’est pas pour perdre du poids, du moins c’est ce qu’on dit à notre entourage. Et si on était plus transparent(e) et honnête envers soi? Et si on reconnaissait qu’on bouge souvent plus pour se faire du bien, mais pas seulement pour notre mental, pour notre corps aussi, parce qu’on a toute la pression des idéaux de la société qui nous pèsent, lourd, trop lourd! On veut bien ne pas en être affecté(e), mais on doit reconnaître que lorsqu’on se dit « faudrait bien que je bouge », « je dois vraiment me botter les fesses », « ouf... elle est vraiment bonne elle de toujours être aussi motivée! », c’est aussi la culture des diètes qui nous parle.
Bon... Pourquoi je parle de culture des diètes ici si je parlais de bouger avant ça?
En fait, la société et ses fameux standards de beauté découlent souvent de l’industrie de la minceur, et donc, de la culture des diètes. Que ce soit un quelconque régime ou de vouloir suivre une mode alimentaire, de couper un aliment (ou plus!) de notre alimentation, mais aussi tout l’aspect du sport et du plan d’entraînement à respecter de façon rigide et que l’on fait parfois (ou trop souvent) sans envie, tous ces éléments font partie de la culture des diètes.
C’est là que d’un bel arc-en-ciel remplit de magie arrive la fameuse alimentation intuitive. On en entend souvent parler comme s’il s’agissait de manger ce qu’on veut quand on veut, mais c’est plutôt le fait de manger en écoutant nos sentiments de faim et de satiété. Ce n’est qu’un des dix principes de cette approche, mais si vous voulez en apprendre plus, je vous recommande le livre de Karine Gravel « De la culture des diètes à l’alimentation intuitive : Réflexions pour manger en paix et apprécier ses cuisses ». Ce concept d’alimentation intuitive nous amène vers un autre tout aussi pertinent, le mouvement intuitif. Vous en avez peut-être récemment entendu parler, mais qu’est-ce que c’est réellement?
Ce concept a commencé à faire son entrée dans la littérature scientifique dans les deux dernières décennies, mais a émergé davantage dans la dernière décennie. Si l’alimentation intuitive valorise une alimentation à l’écoute de nos sens et de nos sensations, tel est le mouvement intuitif par rapport au mouvement. Autrement dit, le mouvement est fait selon nos sens, en pleine conscience, et donc à l’écoute de notre corps. Qu’est-ce que ça mange en hiver finalement le « mouvement intuitif »?
Si on essaie de faire un parallèle plus clair avec le quotidien, on peut penser à notre auto. Si elle est sur le point de nous lâcher, allons-nous faire un trajet de route de plusieurs kilomètres simplement parce que c’était prévu? Pour revenir à notre corps, si on a une fracture à la cheville, irons-nous courir? Évidemment que non!
Donc quand on parle d’être à l’écoute de son corps, c’est aussi de reconnaître que si on est fatiguée ou qu’on a une douleur quelconque (oui oui, même nos douleurs menstruelles comptent ici!), pourquoi s’obligerait-on à vouloir absolument respecter la journée prévue au plan d’entraînement? Que ce soit un jogging, de la natation, du vélo ou un HIIT, tous ces entraînements nous demanderaient beaucoup plus d’énergie que ce que l’on a réellement cette journée-là! Donc pourquoi ne pas faire une séance de yoga par exemple ou même aller jardiner? On bougerait quand même et notre santé mentale autant que physique y gagnerait! C’est peut-être difficile à croire, mais tout mouvement, que ce soit dans le sport ou dans le quotidien (en cuisinant, marchant, nettoyant les planchers) permet de bouger notre corps et d’en ressentir les effets positifs sur notre santé, autant sur notre santé physique que mentale. Il faut donc qu’on apprenne à enlever cette rigidité reliée à l’entraînement, la performance et les résultats.
Parlant de performance… Les fameuses montres avec toutes leurs fonctionnalités contribuent d’ailleurs à nous fier à toutes les informations qui s’y trouvent pour se dire si notre entraînement était réellement efficace… mais pourquoi donc toujours s’y fier? Pourquoi regarder le nombre de calories brûlées pour déterminer si notre entrainement valait la peine? Allons-nous vraiment compter nos gouttes de sueurs pour savoir si on peut se permettre tel ou tel aliment ensuite? Pourquoi ne pas y aller selon notre ressenti? Notre tête et notre corps peuvent grandement nous dire si l’entraînement était bénéfique!
Donc, prenons le temps de se questionner, vraiment, et en étant totalement honnête envers soi! Pour qui bouge-t-on? Pourquoi? Apprenons à bouger pour soi, à l'écoute de notre corps, sans se fier aux données indiquées sur nos montres.
Bougeons intuitivement!
Références :
Pershing, A. (2013). Intuitive eating and movement in the therapeutic milieu: A synergistic paradigm for healing in the treatment of binge eating disorder. In J. Alexander, A. Goldschmidt, & D. Le Grange (Eds.), A clinician's guide to binge eating disorder. New York, NY: Routledge.
Reel, J. J., Lee, J. J., & Bellows, A. (2016). Integrating exercise and mindfulness for an emerging conceptual framework: The intuitive approach to prevention and health promotion (IAPHP). Eating Disorders, 24(1), 90-97.
Reel, J. J., & Miyairi, M. (2012). The right ‘dose’of activity: Health educators should promote mindful and intuitive exercise. Community Med Health Educ, 2, 1000-111.
Tribole, E., & Resch, E. (2020). Intuitive eating: A revolutionary anti-diet approach. St. Martin's Essentials.